lundi 15 juillet 2013

Les Galápagos, ou les îles qui ont changé le monde…


Par Armelle.

 


C’est donc par un (mal) heureux hasard, le cardan de la cuisinière qui a rendu l’âme, que nous atterrissons devant Puerto Vilamil, sur l’île d’Isabella ; l’île la plus occidentale des Galápagos, mais aussi la plus grande.

Par chance les démarches administratives se feront assez rapidement. Après un entretien avec un agent peu accueillant (mais dont les services sont obligatoires), nous pourrons descendre à terre dès la fin de journée et laisser les filles gambader joyeusement sur la plage et se faire déjà des amis. Je m’explique sur le terme peu accueillant : en guise de discours de bienvenue, cet agent (n’oublions pas que c’est la première personne avec qui nous entrons en contact depuis 10 jours) nous expose la longue liste des sites interdits, et nous demande ensuite de nous acquitter des taxes d’entrée (conséquentes et obligatoires évidemment) pour les Galápagos, déclinant cette fois la minuscule liste des sites auxquels ces taxes nous donnent le droit d’accès. Il termine enfin par ces mots, texto :

-          « Et si vous n’êtes pas d’accord, ou si vous n’avez pas les moyens, vous pouvez toujours reprendre votre route vers la Polynésie. »

C’est vrai, les Marquises comme les Gambier ne sont qu’à 2.400 milles. Ou l’île de Pâques, plus proche, à 1.900 milles ; une paille… Le ton est donné et différera peu pendant tout notre séjour.

 


 
Mouillage d’Isabella

 

Suivons le guide !
 


Village de Puerto Villamil
 
Ici les animaux sont rois, jusqu’à interdire l’accès au parc pour enfants car les iguanes y ont élus leur zone de nidification.
 
Rassurez-vous l’amertume que nous a laissé ce désagréable prélude est vite effacée par notre émerveillement  devant une faune riche et peu farouche comblant largement, par leurs joyeuses rondes autour du dinghy, le mépris clairement affiché des autorités envers les voiliers.
Et puisque l’on cherche à nous immobiliser, et bien nous resterons dociles et nous nous cantonnerons dans notre mouillage.
Ainsi nous prîmes le temps d’observer ce que la nature veut bien nous faire partager, autour de notre Coccinelle :
-          En s’émerveillant dès notre arrivée de la pêche des pélicans qui par dizaines tournoient tout en plongeant autour d’un banc de poissons à quelques mètres du bateau ;
-          En regardant les iguanes serpenter dans l’eau puis se dresser sur leurs pattes pour venir se sécher au soleil en crachant par les nasaux des jets d’eau de mer ingurgités pendant leur plongée tout en conservant une immobilité parfaite du reste du corps et ce, pendant des heures ;
-          En admirant le surf d’une otarie sur la vague, déboulant sur la plage pour venir d’un pas titubant se vautrer sur les quelques transats de la plage déjà tous squattés par ses congénères ;
-          En observant le vol d’une frégate, tout en tentant de comprendre le répertoire des possibilités de manœuvres qu’offre sa longue queue en fourche ;
-          En écoutant piaffer les flamants roses qui broutent inlassablement et avec frénésie, le bec dans la vase.

 

Playa del Amor


L’iguane est resté dans cette position pendant 3 heures, Camille a tenu 30 secondes. Quant à cracher de l’eau de mer par le nez…


…Camille préfère mettre son masque pour aller plonger.

 
 


 
 

Nous nous sommes étonnés de tout ce petit monde qui semble en complète harmonie avec son environnement, et ne parait nullement gêné par notre intrusion. Un équilibre que l’on devine fragile mais qui semble pourtant immuable. On imagine aisément que ces îles devaient être semblables lorsque Darwin y séjourna, en 1835. Et quand alors il observa cette même flore, composée de roches volcaniques parsemée de mangrove et de cactus, ainsi que toute la faune, composée d’insectes, volatiles, reptiles et mammifères, si particulières et si bien adaptées, faisant germer dans son esprit les bases de sa théorie sur l’évolution des espèces.

 


 

 

 
 
 
 
Ce fut l’occasion pour les filles d’apprendre quelques lois fondamentales qui régissent la nature, ainsi :

-          A chaque flore correspond un écosystème et la chaîne alimentaire qui en découle.

-          La notion de prédateur et de proie, et les techniques que chaque espèce développe, pour sa survie par la persistance du plus apte.

 
La palme du camouflage revenant à ces iguanes marins, à la mine patibulaire, qui arborent un manteau façon roche volcanique, nappé de chiures d’oiseaux.
 



La palme de la chasse sous-marine revient aux fous à pattes bleues.


 

La palme de la chasse en voltige revient aux frégates.

 La palme de la séduction enfin, car n’oublions pas que la reproduction est également un élément indispensable à la survie d’une espèce, revient aux crabes rouges et aux fous à pattes bleus. Nous n’avons malheureusement pas pu observer la danse nuptiale des frégates, qui à cette occasion  gonflent leur gorge d’un rouge flamboyant.


 

Trois semaines durant, nous nous régalerons de ce spectacle célébrant la vie tout autour de nous. A chaque descente à terre, nous croiserons tortues, raies, pingouins ou otaries, chacun rivalisant de grâce par leur aisance sous l’eau ; nous faisant presque regretter d’avoir perdu nos branchies et nos doigts palmés. Bientôt nous ressentons les effets de récentes mutations, nécessaire à notre adaptation, et passons d’une variété d’homo sapiens à une autre. Ainsi nous quittons pour un temps et sans regret l’homo faber-consumerus pour intégrer notre nouvelle famille celle des homo balader-contemplatus. Si si cela existe, et c’est très répandu dans les îles polynésiennes. Une des caractéristiques physiques majeures étant l’apparition d’un poil dans la paume de la main. On pourrait penser que ce poil est un handicap ; la preuve que non puisqu’il persiste !
 

 

Au fait savez-vous ce qu’est devenue la coccinelle des Galapagos ?...
Elle a perdu ces pois noirs !

 
 

Baignade avec les otaries
 



Portrait de famille
 
« Dis papa on peut inviter une copine à bord ? »

 
En France on a parfois un panneau indiquant : « Attention traversée d’élans sur la chaussée »,

A Panama c’était : «  Attention traversée de … caïmans sur la chaussée »

Aux Galapagos c’est plutôt : « Attention traversée de tortues géantes sur la chaussée… soyez patients ! »

 

Une toute jeune tortue géante qui doit avoir entre 10 et 15 ans. Les plus vieilles ayant 200 ans et pesant plus de 200 kilos.

 

 
Le mur des lamentations érigé par des forçats d’un bagne qui fut installé dans les années 50 par les américains. La construction de ce mur ne servait qu’à occuper les prisonniers.

 

 En route pour fêter les 4 ans d’Apolline à bord de My Halong, née le même jour que la petite Rose (3 ans plus tôt).

 

« Pfff ! Pas envie de partir mais le règlement c’est le règlement. »

 

 
Coucher de soleil sur le mouillage d’Isabela

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